Apple a déposé un recours constitutionnel devant la Haute Cour de Delhi contre la nouvelle réglementation de l'Autorité indienne de la concurrence (CCI), qui entre en vigueur en 2024 et permet de calculer les sanctions en fonction du chiffre d'affaires mondial. Cette réglementation, que l'entreprise a portée devant les tribunaux, permet de calculer les pénalités non seulement sur les revenus en Inde mais aussi sur le chiffre d'affaires mondial. Apple déclare que cette méthode est contraire à la loi et présente un risque potentiel d'amendes de 38 milliards de dollars.
Dans la requête de 545 pages déposée par l'entreprise auprès du tribunal, il a été souligné que le montant de la pénalité calculé sur la base des revenus mondiaux des services était disproportionné et injuste. Apple a souligné que si une pénalité de 10 % était imposée sur le chiffre d'affaires mondial moyen des trois derniers exercices, ce montant pourrait atteindre environ 38 milliards de dollars. Le document en question n'est pas encore accessible au public, mais selon Reuters, Apple estime que la réglementation est « arbitraire, inconstitutionnelle, disproportionnée et injuste ».
Apple tente de bloquer l'exécution du règlement 2024 de la CCI
L'enquête initiée par CCI a été remise à l'ordre du jour en 2022 après des plaintes de Match Group et de certaines startups basées en Inde concernant le marché des applications iOS. Dans un rapport d’évaluation préliminaire publié en 2023, la Commission a conclu qu’Apple avait abusé de sa position dominante sur le marché. Cependant, malgré ce rapport, aucune décision finale n'a encore été prise et aucune sanction officielle n'a été imposée à l'entreprise.
En revanche, Apple a déjà déposé cette objection afin d'éviter que le règlement, entré en vigueur en 2024 et permettant l'utilisation du chiffre d'affaires global dans le calcul de la pénalité, ne lui soit appliqué à l'avenir. Même si l'entreprise a demandé l'abrogation de cette réglementation, elle fait valoir que les sanctions potentielles devraient être proportionnelles aux activités menées en Inde.
D'un autre côté, Match Group, l'une des parties plaignantes, affirme que le système mondial de sanctions basé sur le chiffre d'affaires sera un moyen de dissuasion efficace qui pourra empêcher les grandes entreprises technologiques de violer à nouveau les lois sur la concurrence. Cela indique que le cadre réglementaire indien a adopté une position plus dure à l’égard des géants de la technologie.
Selon l'expert en droit de la concurrence Gautam Shahi, il ne semble pas facile pour Apple de réussir son procès contre la réglementation. « L'amendement à la loi permet clairement à la CCI de prendre en compte le chiffre d'affaires mondial. Face à une réglementation juridique aussi claire, il pourrait être difficile de persuader le tribunal d'intervenir dans la politique juridique », a déclaré Shahi à Reuters.
L’Inde a commencé à adopter une approche plus systématique contre la domination du marché des entreprises technologiques mondiales en renforçant ses contrôles sur les plateformes numériques ces dernières années. D’autres grandes entreprises telles que Meta, Google et Amazon sont confrontées à des processus d’audit similaires. Dans ce contexte, le procès intenté par Apple pourrait créer un précédent non seulement pour son propre cas, mais aussi pour la réglementation technologique en Inde en général. La Haute Cour de Delhi devrait entendre la requête d'Apple la semaine prochaine.